Annulation du Schéma Régional Eolien de Basse Normandie

dimanche 12 juin 2011

La logique économique commande de ne pas investir tous ses oeufs dans les énergies renouvelables... mais intermittentes ! Gérard MESTRALLET, président de GDF Suez remet spectaculairement en cause, les énergies renouvelables et plus particulièrement l'éolien...

Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer un virage marqué vers les énergies renouvelables, se développe parallèlement une réflexion lucide mettant en exergue les limites de cette même réflexion tant en termes écologiques qu'économiques.

Cette semaine, au centre d'une polémique spectaculaire, le p.-d.g. de GDF Suez, Gérard MESTRALLET, met en garde contre un recours majeur à ces sources dites propres, et ce, pour des considérations économiques. Un plaidoyer repris par de prestigieux participants à la dix septième Conférence de Montréal, du 6 au 9 juin 2011 et dont le thème était : «Un ordre économique en changement : nouvelles réalités, nouveaux modèles».

Suez n'avait pourtant pas résisté à la mode des éoliennes industrielles en France en acquérant officiellement, en 2007, 50,1% de la Compagnie du Vent pour 331 millions d'Euros, soit 30 fois le chiffre d'affaires de la petite entreprise montpelliéraine. 
Quand on aimait bien l'éolien, à cette époque pourtant encore proche, GDF Suez ne comptait jamais ses sous...
 
Toujours à cette même époque, pourtant encore proche et, très précisément un jour après cette extraordinaire surenchère, "Le Monde" publiait un article où le PDG de Suez s'appliquait à contester avoir payé trop cher tout en précisant espérer contrôler 15 % du marché français d'ici 2015 avec 2000 MegaWatts éoliens installés. Désirant sans doute marquer les esprits, Gérard Mestrallet n'hésitait pas à comparer ses futures éoliennes industrielles à la puissance nucléaire en affirmant que "2000 MégaWatts éoliens, c'est plus qu'un EPR", le réacteur 3ème génération de 1600 Mégawatts. 
GDF Suez est aujourd'hui encore l'actionnaire de référence de six filiales issues du domaine éolien : La Compagnie du Vent, Eole Generation, GREAT-Alizé Energie, Maïa Eolis, Erelia, CN'Air.

Aujourd'hui, Monsieur MESTRALLET remet ces nombreux engagements à une place que nous qualifierons, par courtoisie, de moindre importance. Il le prouve à Montréal. Lisez donc ses propos relayés par les médias 
du monde entier :
«Tout ce qui est durable est vert, mais tout ce qui est vert n'est pas nécessairement durable. Il faut avoir la sagesse de le reconnaître», a-t-il affirmé d'entrée de jeu devant un parterre de gens d'affaires réunis dans un hôtel du centre-ville de Montréal.
Monsieur Mestrallet, grand patron de la première entreprise de gaz et d'électricité au monde, juge que les citoyens ne prennent pas la réelle mesure des coûts associés aux sources énergétiques comme le solaire, la biomasse ou encore l'éolien. Il ajoute : «L'offre se développe rapidement, les coûts baissent, mais ce développement s'effectue au prix de subventions publiques souvent importantes dont les pays, le plus souvent désargentés, découvrent le coût». Non, vous ne rêvez pas, c'est bien ici, les propos de Monsieur Gérard MESTRALLET...

Monsieur MESTRALLET poursuit encore en renchérissant : «Il est clair que l'opinion publique croît que les énergies renouvelables vont être la clé essentielle de l'énergie du futur. C'est vrai en partie, mais sûrement moins que l'opinion publique ne le pense. Parce que ces sources d'énergie sont intermittentes, vont nécessiter de grandes capacités de réserve et vont reposer sur le gaz naturel, en raison de la flexibilité des turbines à gaz.» Quels propos déroutants chez un champion de l'éolien.

Gérard Mestrallet a illustré son propos par l'exemple d'une île ayant besoin de 1.000 mégawatts pour ses habitants et ses industries : «L'île veut être verte. Donc, elle construit 1.000 mégawatts d'éoliennes. C'est très bien, surtout quand il y a du vent, c'est à dire 30 % du temps. Mais comme les consommateurs veulent de l'électricité tout le temps, il faut construire à côte de ces éoliennes 1.000 mégawatts de turbines à gaz qu'on peut mettre en route comme des mobylettes quand il n'y a pas de vent et les éteindre quand il y a du vent.»
Résultat des courses, selon le patron du géant énergétique, «On paiera trois fois. D'abord, parce qu'il faut construire deux systèmes, 2.000 mégawatts, alors que l'île n'a besoin que de 1.000. Deuxièmement il faudra subventionner les éoliennes Et troisièmement, les turbines à gaz vont fonctionner seulement 70 % du temps, donc le coût en capital du mégawatt/heure sera augmenté à due concurrence.»

Autre exemple et selon lui, si on construit par exemple un parc éolien pour alimenter une ville, il faudra en effet prévoir une autre forme d'approvisionnement, comme le gaz naturel, pour éviter la panne lorsque la brise ne souffle pas. Cette multiplication des sources aurait pour effet de faire grimper la facture. «Alors, je crois qu'il faut bien réfléchir avant de s'engager trop massivement dans des productions intermittentes d'énergie renouvelable». On est bien loin du discours pro-éolien d'il y a peu.

En appliquant la logique du raisonnement de Monsieur Gérard MESTRALLET au projet éolien d'Armaillé, on pourrait dire : "le super patron d'Eole GenerationMonsieur Gérard MESTRALLET, ne donne pas cher du projet éolien d'Armaillé".
Comme il a raison. Merci, Monsieur Gérard MESTRALLET. Vous au moins, vous dites la vérité.  
A Plus Belle Notre Verzée, nous ne doutons plus de l'adhésion prochaine de Monsieur Gérard MESTRALLET, à notre association. Nous prenons acte de ses positions et l'attendons à bras ouverts.

Lors de cette même Conférence de Montréal, ces idées étaient reprises par le président du Conseil mondial de l'énergie, Pierre Gadonneix, dans le cadre d'un atelier sur l'avenir énergétique mondial. «À long terme, il est évident que les énergies renouvelables auront une part», a-t-il admis. Mais pour l'heure, «les différentes sources sont à des degrés de maturité très variables»Dans la majorité des cas, a dit Monsieur Gadonneix, elles sont «intermittentes». Donc «dès lors que leur part dépasse 10 à 20 %, l'irrégularité de la production engendre des surcoûts très importants pour construire des capacités de production d'appoint, mais aussi des réseaux», a-t-il conclu.
Sans compter, a-t-il ajouté, que la majorité des sources propres bénéficient de subventions de l'État. Fait à noter, tant les gouvernements canadiens qu'américains offrent des milliards de dollars par année aux géants de l'énergie fossile. Des subventions qui coûtent cher au trésor public et que le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a appelé à abolir.

Quoi qu'il en soit, dans bien des cas, a soutenu Monsieur Gadonneix, le recours aux énergies fossiles — actuellement 80 % de la consommation énergétique mondiale — demeurera essentiel.
Le secteur nucléaire devrait aussi continuer sa croissance, selon Pierre Gadonneix. Malgré la catastrophe de Fukushima, au Japon, une étude qui doit être publiée sous peu par le Conseil mondial de l'énergie révèle que des pays comme la Chine gardent le cap. Ce n'est toutefois pas le cas de l'Allemagne, qui a choisi de tourner le dos au nucléaire. Une décision qui aurait été prise «sous le coup de l'émotion», selon lui.


Il se peut que d'autres personnalités aient les qualités requises pour rejoindre Plus Belle Notre Verzée...